Quel type d'avocat communicant êtes-vous sur LinkedIn ?
Dites moi ce que vous faites sur LinkedIn, je vous dirai quel avocat communicant vous êtes...
En 2010, j'écrivais un billet intitulé « Dis-moi comment tu twittes, je te dirai qui tu es ». Cela ne nous rajeunit pas. J'y classais l'internaute en 5 espèces, avec l'assurance tranquille de quelqu'un qui pense avoir fait le tour du sujet et qui n'a pas encore de cheveux blancs.
Seize ans plus tard, Twitter s'appelle X, Friendfeed a disparu, mon chat n'a plus de Catbook mais les internautes, eux, n'ont pas forcément bougé d'un pixel. Ils ont simplement déménagé sur LinkedIn où ils ont troqué le pyjama contre le costume.
J'ai donc refait cet exercice. Voici 6 profils que vous croisez tous les jours dans votre fil LinkedIn et dans lesquels vous allez forcément vous reconnaître un peu (ou beaucoup, mais ça restera entre nous).
Alors, quel avocat communicant êtes-vous ?
L'avocat fantôme référencé
Il est inscrit, c'est indéniable, la preuve : il a un profil. On y trouve (quand il y en a une) une photo prise en 2017 dans un mariage, recadrée sur Paint. Il y a bien un intitulé de poste qui date de Viadeo et un silence absolu depuis. On ne sait pas ce qu'il fait ni s'il vous lit, ni même s'il est encore en poste.
Il existe surtout pour rassurer les recruteurs qui vérifient qu'il existe.
L'avocat lecteur de l'ombre
Il ne like jamais, ne commente jamais, ne partage jamais. Vous êtes convaincu qu'il ne vous lit pas jusqu'au jour où vous le croisez à un petit-déjeuner réseau. Là, il vous parle de votre carrousel, celui de mars, si, si vous savez, en citant la troisième slide.
C'est votre lectorat réel : invisible dans les statistiques, décisif dans les décisions.
L'avocat relais silencieux
Son fil est un florilège de ce que les autres publient. Il repartage, consciencieusement, sans jamais rien ajouter : ni un mot d'introduction, ni un point de vue, ni la moindre indication sur ce qu'il en pense.
On finit par très bien connaître ses centres d'intérêt mais on ne sait toujours rien de lui, ce qui est un exploit en soi.
L'avocat éditorialiste permanent
Lui aussi repartage mais jamais sans son commentaire de trois paragraphes, celui qui recadre le débat et rappelle que "ce n'est pas si simple".
Il commente également chez les autres, systématiquement, avec cette élégance particulière qui consiste à féliciter l'auteur avant de le contredire (mention spéciale aux mansplainers, on vous voit).
L'avocat métronome
Il publie le mardi à 8 h 15 et le jeudi à 7h52, parce qu'il a testé, mesuré et qu'il sait. Sa ligne éditoriale tient en trois piliers qu'il pourrait vous réciter comme la Bible, son accroche est calibrée, sa chute aussi.
C'est agaçant de régularité mais ça fonctionne (je vous laisse en tirer les conclusions qui s'imposent).
L'avocat résident à demeure
3 publications par jour, 40 commentaires, une présence si constante qu'on se demande à quel moment il exerce le métier dont il parle. En 2010, je l'appelais le neo-no life et il nourrissait des poissons virtuels. Il a mûri : aujourd'hui, il fait du personal branding.
Son temps passé devant l'écran, lui, n'a pas changé. Mention spéciale à ceux qui arrivent en même temps à jouer à Zip.
Aucun de ces profils n'est illégitime et la plupart d'entre nous en cumulent 2 ou 3 selon la semaine, la charge de travail et l'humeur du moment. La vraie question n'est pas de savoir lequel de ces professionnels vous êtes mais plutôt lequel vous avez choisi d'être.
Parce qu'entre le fantôme et le résident à demeure, il existe une place confortable : celle de la personne qui publie assez pour exister sans y passer ses journées.
C'est généralement à ce moment-là qu'on décide de déléguer l'écriture. A moi si possible, parce que vous avez adoré cet article